Sport

Vendée Globe : Jérémie Beyou rêve de victoire

C'est la course à la voile la plus difficile au monde. Ce 8 novembre à 13 h 02, le navigateur français Jérémie Beyou prend le départ, aux Sables d'Olonne (Vendée), du Vendée Globe, un tour du monde en solitaire, sans escale ni assistance. Il a répondu à nos questions avant son départ.

Article écrit le 08 novembre 2020 à 07h00 par Propos recueillis par Edith Alberts. Temps de lecture :

L’Everest des mers

Le Vendée Globe est surnommé l’Everest des mers, en référence au sommet le plus haut du monde. La course a été créée en 1989 et se déroule tous les 4 ans. Les navigateurs parcourent plus de 40 000 kilomètres, seuls sur leur bateau, sans escale ni assistance. La 9e édition réunit 33 bateaux, pilotés par 27 hommes et 6 femmes. On les appelle des skippers (capitaine en anglais).

 

www.vendeeglobe.org
www.vendeeglobe.org

C’est votre 4e Vendée Globe. Qu’est-ce qui vous pousse à repartir ?

"Il y a toujours la même envie. Ce qui m’anime, c’est de faire de bons résultats. Tant que je n’aurai pas la victoire, on me reverra sur cette course. Et puis, ce qui est passionnant, c’est le développement du bateau et toute la préparation qui va avec. Ça fait aussi partie de l’histoire d’une course."

Que pouvez-vous nous dire sur votre bateau ?

"Mon bateau fait partie de la nouvelle génération. Il est entré en construction en 2017 et a été mis à l’eau en 2018. C’est un bateau qui est très compliqué à manœuvrer. J'ai appris à le découvrir, à le comprendre. On l’a amélioré pour qu’il soit le plus performant possible en mer. Lorsque le bateau vole au-dessus de l’eau, on n’a pas l’impression qu'il pèse 8 tonnes. En plus de la vitesse, il y a énormément de contraintes et ça me met pas mal de stress. Mais sinon la sensation est vraiment sympa (rires) !"

Avec qui travaillez-vous ?

"Pour préparer une telle course, il faut avoir l'équipe la plus organisée possible. Donc il faut être capable de faire un travail d’équipe sur toute la préparation et pouvoir basculer en mode solitaire pour la course."

Vous avez défini votre stratégie de course ?

"On a travaillé sur la météo. On a vu la situation générale au niveau du départ et celle des quelques jours suivants. Mais c’est toujours difficile de sortir une stratégie de course. On voit la situation se dessiner : elle n’est pas très simple, ni très claire, donc il ne faut pas trop se prendre la tête avant le départ."

Quel navigateur êtes-vous ?

"J’aime que les choses soient bien faites. Et puis, je n’ai jamais peur de recommencer quand ça n’a pas marché et que j’estime que je peux mieux faire. J’ai cette passion de préparer les bateaux de course, de les développer et de partir en course. Je n’ai pas honte de le dire, et notamment aux enfants : on ne peut pas toujours réussir du premier coup, mais à force de travail et d’énergie, on y arrive toujours au final. C’est pour ça que je suis là pour la 4e fois. Et s’il le faut, j’y retournerai une 5e fois. Ce n’est jamais deux fois pareil, c’est ça qui est chouette !"

En tant que favori, vous rêvez de battre le record ?

"L’idée n’est pas de battre le record d’Armel Le Cleac’h (74 jours 3 heures et 35 minutes). Quand je vois les conditions météo des premiers jours, on va déjà prendre du retard sur le précédent Vendée Globe. L’objectif, c’est d’être devant les autres et d’être à la bagarre dans le paquet de tête de la course. Être favori, ben oui, forcément, ça met un peu de pression. Il faut bien faire. Mais comme je suis un peu perfectionniste, même sans cette étiquette de favori, je me mets la pression tout seul pour que les choses se passent bien. Ça ne change pas beaucoup mes habitudes !"

La rédaction du JDE suivra le navigateur et fera un point toutes les semaines sur la course du Vendée Globe. Pour suivre le skipper : https://www.jeremiebeyou.com/

Éviter la casse dès le départ

"Il y a du monde au départ : 33 bateaux. Il faut prendre les choses dans l’ordre, notamment faire une belle manœuvre pour sortir du port, explique Jérémie Beyou. Dans le stress du départ, on peut faire des bêtises en quittant le port et avant la ligne de départ. Heureusement ou malheureusement, il n’y aura pas de bateaux spectateurs au départ (en raison du Covid-19). Néanmoins, il y a 32 concurrents face à moi. Il ne faut pas s’accrocher avec eux. Après, il ne faut pas prendre le départ trop tôt sinon on a une pénalité de 5 heures. Ensuite, il faut sortir du golfe de Gascogne et se mettre en route. Prendre les choses les unes après les autres, avant de vouloir se projeter dans les alizées [vents réguliers qui soufflent de l'est sur les océans]. Il faudra rester concentré."

Le départ, donné le dimanche 8 novembre à 13 h 02 aux Sables d'Olonne (Vendée), sera diffusé en direct sur France Télévisions, Infosport+, la chaîne L'Equipe ainsi que sur le site officiel de la course : www.vendeeglobe.org

(© Virtual Regatta)
(© Virtual Regatta)

Virtual Regatta, le tour du monde derrière ton écran

Tout comme les 33 navigateurs du Vendée Globe, tu peux t'élancer pour ton tour du monde virtuel. Plus de 170 000 joueurs sont déjà inscrits sur Virtual Regatta !

L'inscription à Virtual Regatta est gratuite, seules les options sont payantes. Tu le retrouves sur le site du Vendée Globe  (www.vendeeglobe.org) et l'onglet Virtual Regatta. Départ dimanche à 13 heures 02.

Lire le JDE de la semaine