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Algérie : vers la fin des tensions ?

Depuis février 2019, le pays est secoué par un mouvement de protestation contre le gouvernement appelé Hirak. Deux ans après les premières manifestations, le chef de l’État tente d’y mettre fin.

Article écrit le 23 février 2021 à 07h00 par Marie Vancaeckenbergh. Temps de lecture :
Manifestation de soutien au mouvement populaire du Hirak en Algérie, le 21 février 2021 à Paris. (Anne-Christine POUJOULAT/AFP)

Ras-le-bol

Depuis 2 ans, les Algériens réclament une chose : que leurs dirigeants n’abusent pas de leur pouvoir. Avant la crise du coronavirus, ils étaient des centaines de milliers à descendre dans les rues tous les vendredis pour se faire entendre. Si cette vague de protestation, appelée Hirak, a fini par chasser l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, elle n’a pas pris fin après son départ. En effet, le nouveau chef de l’État Abdelmadjid Tebboune n’a pas exaucé les vœux des Algériens, bien au contraire. Il a profité de l’épidémie de Covid-19 pour empêcher les manifestations et mettre en prison plusieurs centaines de personnes.

Des opposants libérés

Aujourd’hui, soit un peu plus d’un an après son élection, Abdelmadjid Tebboune veut apaiser les tensions. Le jeudi 18 février, il a annoncé la libération à venir de 55 à 60 prisonniers emprisonnés pour s’être opposé au pouvoir sur Internet. Parmi eux, le journaliste Khaled Drareni, symbole du combat pour la liberté de la presse dans le pays, en prison depuis le mois de mars 2020. Comme lui, une trentaine d’autres prisonniers ont déjà retrouvé leur famille.

Du renouveau ?

Le président algérien a aussi dissous l’Assemblée populaire nationale, dont le rôle est de débattre, proposer, modifier et voter des lois. Ce qui signifie que ses membres vont être remplacés plus tôt que prévu. L’élection des nouveaux députés, qui devait se tenir en 2022, aura lieu d’ici la fin de l’année. Abdelmadjid Tebboune a déclaré vouloir “ouvrir ses portes à la jeunesse”. Certains ministres ont eux aussi été contraints de quitter le gouvernement. Mais ceux qui occupent des postes très importants ont conservé leur place, comme le Premier ministre Abdelaziz Djerad, pourtant très critiqué.

Pas convaincus

Est-ce que ces mesures suffiront à calmer la colère des Algériens ? Pas sûr. Le mardi 16 février, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans la ville de Kherrata, dans l’est du pays, qui a vu naître le Hirak. D’autres appels à manifester pour célébrer l’anniversaire du mouvement ont été publiés sur les réseaux sociaux. Deux ans après le début des protestations, la population ne semble toujours pas faire confiance au gouvernement et continue de réclamer plus de libertés.