Monde

La Chine veut-elle faire disparaître les Ouïghours ?

En Chine, un peuple subit la domination du gouvernement. Les Ouïghours sont pourchassés, enfermés et victimes d'actes graves. Mais pourquoi ?

Article écrit le 28 juillet 2020 à 07h00 par C. Gaertner. Temps de lecture :
AFP

1 pays, 56 peuples

La population qui vit en Chine n'a pas les mêmes origines. Le pays regroupe 56 groupes ethniques. Cela désigne des personnes qui partagent la même langue et la même culture. Le groupe qui compte le plus de personnes, ce sont les Hans. Environ 9 Chinois sur 10 appartiennent à cette ethnie. Parmi les minorités (groupes qui comptent moins de personnes), il y a les Ouïghours.

Une façon de vivre différente

Les Ouïghours vivent dans le Xinjiang, au nord-ouest de la Chine. Cette région, aussi appelée Turkestan oriental, est frontalière de 8 pays dont le Kazakhstan, la Mongolie et la Russie. Les Ouïghours parlent turc et suivent la religion musulmane. Ils ont une façon de vivre très différente de celle de la majorité des Chinois. C'est pourquoi ils ont demandé que leur région devienne autonome, c'est-à-dire qu'elle ne soit plus contrôlée par le gouvernement chinois, basé à Pékin. Cela leur a été accordé en 1955. Enfin, le nom de leur région a changé pour devenir la "région autonome ouïghour du Xinjiang". Mais dans les faits, le contrôle de Pékin n'a jamais cessé.

Actes de violence

 Le gouvernement chinois a poussé des habitants de l'ethnie Han à s'installer dans le Xinjiang. En 70 ans, ils sont devenus aussi nombreux que les Ouïghours. Les problèmes entre les deux communautés ont commencé. Certains Ouïghours se sont tournés vers une vision très dure de leur religion. Pour imposer leurs idées et obtenir leur indépendance, ils ont utilisé la violence et commis des attentats. La réaction du président chinois Xi Jinping a été ferme : il veut régler "le problème Ouïghour".

 Torture

 Pour cela, il a fait arrêter de nombreux Ouïghours. Pas seulement ceux qui avaient commis des actes violents. Mais aussi ceux qui critiquent le gouvernement, et même ceux qui veulent pratiquer leur culture. Désormais, entre 1,5 et 3 millions de Ouïghours seraient détenus dans des camps, estiment plusieurs associations. Les prisonniers sont maltraités, et même torturés. Les femmes Ouïghours subissent aussi de mauvais traitements. Elles sont empêchées d'avoir des bébés, obligées de se marier avec des Hans. Le but de la Chine est-il de faire disparaître les Ouïghours et leur culture ? Non, répond le gouvernement. Mais, dans le monde, de plus en plus de voix s'élèvent pour demander que cessent les violences contre les Ouïghours.

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