France

Harcèlement : avoir le courage de parler

Le 8 novembre c’est la journée nationale contre le harcèlement scolaire. Elle permet de sensibiliser, de prévenir, d’aider les élèves victimes ou témoins de violence à l’école.

Article écrit le 09 novembre 2017 à 00h10 par Edith Alberts. Temps de lecture :

La vie pourrait être parfaite pour Emma. Mais voilà, il y a Clarisse qui lui fait vivre un enfer à l’école. Ses parents ne remarquent presque rien, sauf peut-être son changement de comportement. Et les maîtresses ne prêtent pas attention à ce que l’on pourrait prendre pour « des jeux ». Pourtant c’est bien plus grave. Cette histoire est vraie. C’est celle d’Ana, auteure de la BD « Seule à la récré » (lire interview), harcelée par une élève du CP à la fin du CE2.

Ne pas se laisser faire

A l’école, un enfant peut subir différentes situations de harcèlement dans une même journée : insultes, coups, gestes déplacés, racket [vol]. C’est le fait d’un ou plusieurs élèves à l’encontre d’un élève victime qui souvent, ne peut se défendre et se sent isolé. Aujourd’hui, à l’école primaire et au collège, près d’un enfant sur 10 avoue avoir déjà vécu cela. Pour sortir de cette souffrance, il faut parler à un ami ou un adulte de confiance. Il ne s’agit pas de « fayoter », mais de se protéger. Depuis le 5 novembre 2015, une journée nationale contre le harcèlement scolaire a été mise en place. Cette journée permet aux enseignants et aux élèves de parler librement de ce sujet et de trouver des solutions pour mieux vivre ensemble sans violence.

L’interview : Ana, auteure de la BD "Seule à la récré"

Ana, 18 ans, auteure avec son père Bloz de la BD « Seule à la récré ». Ed. Bamboo. 16,60 €

Être harcelée au CP, on ne peut pas l’imaginer ?

À l’époque, je ne savais même pas ce que c’était, avant de le vivre. Je me suis renfermée sur moi-même. Mes parents voyaient bien qu’il y avait un truc qui n’allait pas. C’est au CE1 que j’ai craqué et que je leur ai tout dit. Très vite, j’ai changé d’école.

Que te faisait vivre Clarisse, que tu surnommes « Miss Prout » dans la BD ?

Ça a commencé petit à petit. Au début, c’était des insultes, puis elle volait mon goûter ou sautait sur mon sac, ensuite des coups… Ça a été crescendo [progressivement]. Au début, je le cachais à mes parents parce que je ne voulais pas les inquiéter plus que ça. J’ai essayé de gérer le truc dans mon coin.

« T’as pas intérêt à le répéter », est une phrase que tu as beaucoup entendue ?

Effectivement. Quand on est harcelé, on a peur du harceleur. Si on le répète, ça va être de pire en pire. On s’imagine des choses terribles. C’est pour ça que dans la BD, on a voulu montrer qu’il ne fallait pas avoir peur d’un autre enfant.

Tu as réussi à te détacher de tout ça ?

Moi, j’ai eu de la chance grâce à mes parents qui ont toujours été là pour moi. Mais il y a d’autres jeunes qui, eux, ont gardé des séquelles [traces] et qui sont traumatisés pour la vie. Cette BD, c’est surtout pour aider les enfants à comprendre le harcèlement, leur expliquer qu’ils ne sont pas seuls.

Propos recueillis par Edith Alberts

 

Ana (DR)
Ana (DR)
BD « Seule à la récré ». Ed. Bamboo. 16,60 €
Lire le JDE de la semaine
L’info simplement, pour vous et vos enfants

Inscrivez-vous sur la newsletter du Journal des Enfants. Chaque semaine, grâce au JDE, recevez les clés de l’info pour accompagner vos enfants.

Désinscription à tout moment. Protection des données