France

Un policier peut-il être puni ?

Que se passe-t-il quand un policier commet une faute ? Nathalie Chaux, commissaire à l’Inspection générale de la Police nationale, nous éclaire sur l a question des violences policières.

Article écrit le 13 août 2020 à 00h10 par Propos recueillis par Caroline Gaertner. Temps de lecture :
Dessin Régis Hector
Nathalie Chaux, commissaire à l’Inspection générale de la Police nationale
Nathalie Chaux, commissaire à l’Inspection générale de la Police nationale
Ça veut dire quoi violences policières ?
C’est une expression qui n’est pas tout à fait juste. D’abord parce que ça ne concerne pas que les policiers. Il y a les gendarmes aussi. Ils ont le droit d’utiliser la force, sous certaines conditions. On parle de violences commises par un ou des policiers quand ce qu’a fait l’agent est contraire à la loi.
Un policier a donc le droit d’utiliser la force ?
Oui, c’est écrit dans la loi. Mais un policier, sa première idée, ce n’est pas d’utiliser la force. Il doit d’abord trouver une autre solution. Car au départ, c’est un gardien de la paix. Quand ce n’est pas possible, qu’il a en face de lui quelqu’un de violent ou d’armé, il a le droit d’utiliser des techniques pour le maîtriser.
Il peut faire tout ce qu’il veut ?
Non, les policiers utilisent des gestes précis qu’ils ont appris durant leur formation et qu’ils répètent tout au long de leur carrière. Cela leur permet de se défendre contre une attaque injuste. Mais il faut que la réaction du policier soit nécessaire, c’est-à-dire qu’il ne puisse pas faire autrement. Il faut aussi que sa réaction soit proportionnée. C’est-à-dire que son geste doit correspondre à la gravité de l’attaque qu’il subit. Il ne va pas taper quelqu’un qui crie mais reste tranquille. Par contre, s’il se trouve face à une personne qui a une arme, il peut aussi sortir son arme et se défendre.

Si un policier commet une faute, il est puni ?

Oui, et il peut même être puni doublement. Il peut être poursuivi devant la justice comme toute personne et recevoir une amende ou aller en prison. Et comme il est policier, cela aggrave encore la punition. Ensuite, il peut être la cible d’une sanction administrative. Ce sont les gens qui le dirigent qui mènent une enquête pour voir s’il a respecté ou non les règles de son travail. Là aussi, il peut être puni par un avertissement ou être renvoyé.

L’Inspection générale de la Police nationale (IGPN)

Expérience

L’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) mène des enquêtes quand des policiers sont accusés d’avoir mal agi. Ses équipes sont constituées de policiers qui ont de l’expérience, savent comment ça se passe et peuvent « porter un œil de connaisseur sur les pratiques de leurs collègues. »

C. G.
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