Culture

Leurs prénoms sont des musiques

Dans le petit village de Kongthong, situé au nord-est de l’Inde (Asie), tous les habitants ont un prénom… et une chanson.

Article écrit le 06 janvier 2021 à 07h00 par M.V.. Temps de lecture :
AFP

Un chant pour s’appeler

À Kongthong, Solidarity ne s’appelle pas simplement Solidarity. Comme les 700 habitants de ce village indien, la fillette a aussi une jolie mélodie pour définir qui elle est. Quelques notes que l’on chante pour l’appeler. Ses amis, sa famille, ses voisins, tout le monde connaît cette petite chanson. Ils l’utilisent pour lui dire de rentrer, de faire attention ou l’inviter à jouer. Son “vrai” prénom, Solidarity, n’est que rarement prononcé. 

Une preuve d’amour

Chaque villageois vivant dans les collines reculées de Kongthong a sa propre mélodie. Aucun risque de confusion : si deux personnes peuvent avoir le même prénom, deux personnes ne peuvent pas avoir la même chanson. Ces petites musiques sans paroles sont composées par les mères pour leurs nouveau-nés. Elles doivent être uniques, différentes de celles qui ont déjà été données. Elles traduisent tout l’amour qu’une femme porte à son enfant.

Communiquer dans la forêt

Cette tradition est appelée “jingrwai lawbei” (chanson de la première femme du clan, en français). Son origine est encore inconnue. Selon les habitants de Kongthong, elle est apparue avec le village, il y a plus de 400 ans. Situé tout près de la frontière avec le Bangladesh (Asie), mais très loin des grandes villes indiennes, il est longtemps resté coupé du monde. Les personnes qui le peuplaient passaient leurs journées à travailler dans la forêt. Comme les oiseaux, elles ont utilisé le chant pour communiquer dans la nature.

Confusion : fait de confondre, manque de clarté.
Clan : groupe de personnes qui ont les mêmes idées, qui vivent ensemble.

Les enfants et le téléphone portable

Aujourd’hui, les habitants de Kongthong (Asie) ont accès à la technologie. Plutôt que de chanter pour appeler leurs amis, les enfants préfèrent parfois utiliser leurs téléphones portables. Les nouvelles mélodies ont aussi un peu changé. Certaines sont inspirées de musiques de films indiens vus à la télé. Mais les chants n’ont pas disparu. Il suffit de se rendre dans le village pour les entendre résonner.